Accueil Date de création : 27/01/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 13:11 / 193 articles publiés

vigourette mon amour  posté le mardi 27 janvier 2009 13:05

Depuis longtemps, je voulais faire un blog qui m'était propre. Mais je me disais, qu'ai-je donc de particulier à écrire ou à faire partager aux autres qui pourraient les intéresser? Je me creusais la tête sans succès car je ne voyais vraiment rien sur moi qui allait "déplacer les foules". En fait, et ce sont mes amis qui m'y ont incité, je n'allais pas faire un blog sur moi mais sur ma jument qui partage ma vie depuis de longues années déjà. Je sais bien que je ne suis pas la première personne au monde à posséder un cheval et à l'aimer passionnément, mais maintenant qu'elle avance en âge, j'éprouve ce besoin impérieux de raconter son histoire (et un peu la mienne par la même occasion).


Le 30 mai 1987 est née Vigourette de Jaye dans le box de sa mère Messaline. C'était au club hippique "La Jumenterie de Combelouve" qui se trouve aux Saillans du Gua dans l'Isère. Cette petite merveille toute noire avait 48 heures quand je la vis pour la première fois. Je venais d'arriver pour prendre ma leçon d'équitation comme toutes les semaines, et l'on me dit que Messaline avait eu son petit bébé. Je suis allée vers son box et en me penchant par dessus la porte, je vis son petit bout de nez se tendre vers moi à déjà rechercher les câlins. Je restai là une bonne vingtaine de minutes mais je dus, hélas, aller monter à cheval. Ce fut pour moi, une première séparation qui me coûta car j'avais déjà, à son contact décelé un sentiment étrange. Après ma leçon d'équitation, je me précipitaisà nouveau vers le box de Messaline. La petite pouliche tournait le dos à la porte du box et je n'arrivais pas trop à la distinguer dans la pénombre. Ses fesses étaient ce que j'avais de plus près de moi et je posais doucement ma main sur sa petite croupe pour ne pas l'effaroucher. Je sentis un léger tressaillement de sa part mais elle ne bougea plus. Du bout des doigts, je me mets à lui "gratouiller" la base de la queue et la voilà qui tourne légèrement la tête dans ma direction. J'appuie un peu mon mouvement et cette fois, elle recule légèrement de deux pas pour mieux me laisser faire et surtout parceque cela devait lui faire un bien fou. Je suis restée ce jour-là une bonne heure sans que jamais elle ou moi ne nous lassions de ces câlins.

A cet instant, je me suis jurée qu'un jour, elle serait à moi. Je ne savais ni quand ni comment, mais il ne pouvait en être autrement. On appelle cela le "coup de foudre" je crois. C'est ce qui m'est arrivé ce jour-là.

 

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Vigourette 2...  posté le jeudi 29 janvier 2009 16:38

La jolie pouliche fut donc baptisée Vigourette de Jaye. Honnêtement, je ne l'aurais pas appelée ainsi si on me l'avait demandé mais bon, l'avenir nous dira que finalement, c'était "bien vu".

Lorsqu'il fut question pour elle, dans les semaines à venir, de quitter le club avec sa mère pour aller au pré et vivre sa vie de bébé, je fus d'une grande tristesse car ma Vigourette me quittait. Or, je m'y étais vraiment déjà très attachée et cela me fit vraiment un gros pincement au coeur. Je pris sur moi car je me dis aussitôt que c'était le meilleur de sa vie qu'elle allait passer en toute liberté durant ces quelques années.

Après fini la belle vie, et bonjour le boulot. Et ça, cela risquait d'être autre chose...


Les années passèrent donc, et un beau jour on annonça l'arrivée de Vigourette par "le prochain van". C'était dans son année de 5 ans (ou 4 je ne sais plus) quand le van s'arrêta devant le club hippique. Quelqu'un ouvrit les portes et je me précipitais à l'intérieur sans rien demander à personne pour saisir sa longe et lui faire descendre doucement le plan incliné. Je l'emmenais directement dans le box qui lui était réservé afin de lui faire connaître son nouveau "chez elle". Je la laissai seule un moment pour ne pas la perturber et en fin de journée, je rentrai dans son box pour "papoter" un peu avec elle. Sans doute ne se rappelait-elle pas de moi bien sûr (je n'aurais pas cette prétention) mais elle ne montra aucun signe hostile. Au contraire, elle chercha les carresses et comme j'avais dans les mains quelques "provisions" quelque peu attirantes, elle ne se fit pas prier pour me dévaliser en quelques minutes.

J'étais très contente de ce premier contact, de mes retrouvailles avec elle et le soir, je rentrais chez moi avec plein d'im:ages dans les yeux.

Ca y est, je l'avais retrouvée.

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Vigourette 3...  posté le jeudi 29 janvier 2009 17:59

Vigourette, dans un premier temps, fut montée par les "bons" cavaliers du club afin de voir, sans doute, ce qu'elle avait dans le ventre. Assez vite, tous se sont cassé les dents avec elle dans la mesure où l'obstacle et elle cela faisait deux. Les coups de cravaches n'y firent rien (et parfois même le chambrière!!!) et petit à petit ces fameux cavaliers la laissèrent de côté. Elle, manger des barres et des barres et encore des barres, ce n'était pas son truc. Personne, en fait, n'essaya de comprendre ce qui serait bon pour elle. Nul n'essaya le dressage (à part le sempiternel croise-papattes). Erreur, grosse erreur!

Or dans un club hippique si un cheval ne "saute" pas, il n'est vraiment bon à rien. Certains ne font pas de sentiments et se débarrassent vite de l'animal en l'envoyant à la boucherie. Dans le meilleur des cas et si c'est une jument, elle ira à la reproduction.

Heureusement, le propriétaire du club ne faisait pas partie de ces gens-là. Ses chevaux, une fois la retraite venue, terminait sa vie au pré de sa "belle mort".

Pour ce qui était de Vigourette, le cas était différent. La jument avait 7 ans et avait été dévolue aux débutants car elle ne voulait pas faire grand-chose. Mais ces pauvres jeunots n'arrivaient pas à s'en sortir car lors d'une reprise, plus les tours de manège s'enchaînaient et plus la jument se rapprochait du centre de la piste jusqu'à s'y immobiliser au grand dam de son petit cavalier. Vu de l'extérieur, c'était assez drôlissime, mais je dois reconnaître que cela n'était pas bien marrant pour ces loupiots qui, eux, y mettaient de la bonne volonté.

Par son attidude, je crois que la jument disait non à sa condition de cheval de manège.

En fait, et petit à petit, plus personne ne voulait la monter (à part moi bien sur) et quand le moniteur la donnait à quelqu'un pour la leçon, on entendait un soupir qui en disait long sur la future heure à venir. Vraiment, Vigourette ne faisait pas l'unanimité.

Pour toutes ces raisons, les gens ne l'aiment pas trop. On la classifiait d'ombrageuse. Certains allaient même dire qu'elle bottait. Mais il est bien connu que quand on veut se débarrasser de son chien, on dit volontiers qu'il a la rage.


Quelques temps plus tard, j'appris que Jean-Louis ( le moniteur) allait vendre la jument. Pour moi, ce fut un coup de tonnerre. Non, cela ne pouvait être possible. Qu'allais-je devenir sans elle? Et d'abord à qui allait-il la vendre? Je m'étais même pas imaginée que quelqu'un puisse avoir l'idée saugrenue de l'acheter. Pour moi il n'y avait qu'une seule personne pour cela, MOI!

En fait, j'appris que c'était un paysan qui la voulait pour en faire une poulinière. Ce fut terrible pour moi d'apprendre cela. Tout s'écroulait autour de moi. Les idées les plus sombres s'abattaient sur moi. Qu'allait-il advenir de "MA" jument? Et si, après quelques produits, elle devenait stérile ou ne plaisait plus à ce "type"? Il n'aurait sûrement aucun remors à l'envoyer au "couteau". Non cela ne pouvait pas être. Il fallait que je l'en empêche.

Un jour où je pleurais, je pleurais, Jean-Louis me demanda si je la voulais tant que cela. Entre deux renifflements, je lui dis que oui mais que je n'avais pas tout à fait la somme pour le payer. Après mûre réflexion, il me dit qu'il me la donnait à moi, bien que cela lui coûte un peu d'argent, mais qu'il savait qu'au moins elle serait très bien traitée et en sûreté. Je n'oublierai jamais cet instant (et d'ailleurs je me souviens de toutes ces paroles comme si c'était hier) où j'ai cru m'évanouir. Je crois que mes larmes ont dû redoubler à cet instant. Mais j'étais au comble de la joie.

Vigourette était à MOI. Enfin, mon rêve était devenu réel. Nous allions pouvoir commencer une nouvelle vie toutes les deux.

Mais ingratitude de l'être humain! Je crois bien que je n'ai jamais assez remercié Jean-Louis de son geste. Je ne sais pas si lui, de son côté, s'est bien rendu compte de ce qu'il faisait, de tout ce que cela impliquait pour moi. Alors, si après 14 ans, ce n'est pas trop tard, je lui dis merci et encore merci et mille fois merci.

Quelques semaines plus tard, Vigourette et moi quittions le club pour de nouvelles aventures...

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Vigourette 4...  posté le dimanche 01 février 2009 21:03

Je vous ai quitté l'autre jour alors que Vigourette et moi quittions le club pour débuter une nouvelle vie. Je lui trouvai un endroit très agréable chez un particulier qui me louai un box. Il avait un très grand champ et la jument pouvait à sa guise aller de son box au pré. Au tout début, je la laissai tranquille afin qu'elle prenne possession de sa nouvelle maison. Je me contentai simplement de rester au pré avec elle. La coquine avait vite repéré un cerisier dans le pré. Et comme les branches de l'arbre étaient assez basses, elle eût tôt fait de faire une véritable razzia sur les cerises. Ne croyez pas qu'elle avalait les noyaux. Non, pas du tout. Elle prenait grand soin de les cracher avant d'avaler le fruit. Dans son pré, il y avait aussi des ronces et la saison venue, les mûres connurent le même sort que les cerises.

Je me réjouissai de jour en jour du changement de comportement de Vigourette. Alors qu'elle paraissait à la fin de sa vie en club complètement dénaturée, elle reprenait petit à petit goût à une vie normale pour elle. I n'y avait pas de cavalier tout les jours pour l'enquiquiner. Elle n'était plus attachée dans une stalle avec une chaîne comme la plupart des chevaux qui n'avaient pas la chance d'avoir un box. Non, maintenant, on lui redonnait une part de liberté, qui ne serait jamais totale bien sûr mais qui lui permettrait de se retrouver bien dans sa tête. Lesjours passaient et je la voyais changer et évoluer. Elle devenait différente. Elle prenait une assurance  croissante et petit à petit, je sentais que sa condition de jument reprenait le dessus. Son caractère vrai se révélait. Celui que j'avais toujours senti au fond d'elle-même et pour lequel je l'aimais tant. Son port de tête devenait différent lui aussi. Ce n'était plus la jument abattue que l'on monte et abandonne au club sans remerciement. Non Vigourette était devenue un animal fier et qui semblait en avoir pris conscience.

Je n'osais donc pas casser tout ça et me contentais de la voir vivre, de l'aimer et de l'encourager de mon mieux. Son apparence physique changea aussi. Elle devint plus musculeuse et harmonieuse. En clair, elle devenait belle.

Quand je l'appelais dans son pré, elle venait me voir alors qu'au début, elle restait à distance comme si elle se disait qu'on allait la faire travailler, encore et encore. Non, maintenant, elle venait même vite prendre le morceau de carotte que je lui tendais.Puis, je la laisser retourner tranquillement pour bien lui montrer qu'elle n'avait rien à craindre de moi. Puis, elle vint d'elle-même quand elle m'aperçevait (j'en avais les larmes aux yeux) et j'avais toujours un sac de gourmandises à la main. Elle s'enhardit à venir "jouer" autour de moi pour attraper mon sac. Je me pris moi-même au jeu et nous commençâmes à courir dans tous les sens, l'une pour attraper le sac et l'autre pour l'en empêcher. Je la sentais se "lâcher" petit à petit et elle n'hésitait plus à me coincer pour attraper les carottes ou les pommes. Cela faisait partie du jeu mais il n'y avait aucune agressivité dans son jeu. Bien au contraire on aurait plutôt dit qu'elle était contente d'avoir une compagne de jeu si ce n'était encore une amie.

Je savais malgré tout qu'il allait falloir jouer "serré" afin de ne pas briser cette amitié naissante car je sentais que Vigourette commençait à être en confiance avec moi. Je ne sais pas si l'on aurait pu parler de "reconnaissance" mais cela y ressemblait bien en tous les cas.

Donc, durant quelques semaines, il n'était pas question pour moi de remonter à cheval. Elle sortait d'un endroit traumatisant (bien qu'elle n'ait jamais été maltraitée bien au contraire et ça je tiens à le signaler) que représente un club hippique et je voulais avant tout qu'elle retrouve ses instincts naturels avant toute chose.

C'est ce que je me suis attachée à respecter.

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Vigourette 5...  posté le dimanche 08 février 2009 15:40

Je vous ai donc laissé plusieurs jours sans écrire mon histoire avec "Vigou" et je m'en excuse.

En fait, durant quelques semaines, je ne l'ai pas monté car je n'en avais pas envie. Je jouais surtout avec elle et n'allais la chercher dans son pré que pour la relâcher aussitôt. Je voulais ainsi lui montrer que le fait de la sortir de son champ n'était pas que pour aller bosser. Elle venait donc volontiers à chaque fois me retrouver sans se faire prier. Je m'attachais surtout à la voir vivre et évoluer dans un milieu le plus naturel possible et aussi dans une liberté nouvelle pour elle. Elle semblait apprécier la coquine et ainsi, je pus la voir se métamorphoser en une très belle jument. Les instincts grégaires du cheval reviennent vite à la surface et ma "Vigou" s'avéra vite une jument dominante comme je ne l'aurais jamais imaginé. Au fur et à mesure que les jours passaient, elle prenait l'allure d'un chef de troupeau (en clair elle roulait la caisse). Elle jouait souvent à l'étalon. Bigre, me disais-je. Mais cela me faisait tellement plaisir de la voir ainsi que j'en étais vraiment bouleversée. Je n'avais jamais vu ma jument ainsi. Elle qui paraissait si penaude et abattue au manège, quel chamboulement. Dans ces moments-là, je me disais : Heureusement qu'elle n'était pas partie avec "l'autre". Rien que sa joie de vivre retrouvée justifiait pour moi son acquisition. Elle était splendide et j'étais aux anges.

Un jour, je me suis dis que j'allais devoir faire une tentative de "petit travail" quand même. Quand je parle de travail, comprenons-nous bien, il s'agissait tout simplement de la longer sans enrênement aucun mais tout simplement au licol pour étudier surtout sa réaction. Ce jour-là donc, après l'avoir soigneusement brossé comme d'habitude, je lui mis son licol et attachais la longe à la boucle. Quand elle vit que je prenais la chambrière, elle tourna sa jolie tête vers moi l'air interrogateur. Il n'y avait pas de crainte mais je sentais qu'elle se demandait bien ce qui allait lui arriver. Voyant cela et comprenant son appréhension, je ne la fis pas tourner immédiatement mais je la pris par la longe et toutes les deux nous fimes le tour de son champ côte à côte en marchant tranquilement. Je lui racontais des histoires afin qu'elle entende ma voix calme et qu'elle en oublie la chambrière que je lui montrais malgré tout de temps en temps. En fait, celle-ci faisait aussi partie de la promenade. Enfin, je l'arrêtais et lui passais la chambrière le long de ses flancs. Elle eût un léger frémissement mais de ma voix, je la rassurais tout en continuant le mouvement. Quand je sentis tous ses muscles détendus, je lui demandais d'avancer toute seule. Elle avança légèrement et je l'encourageais de la voix. Elle comprit vite ce que j'attendais d'elle et, au pas, elle fit quelques cercles autour de moi. Je ne cessais, bien évidemment, de lui parler et quelques minutes après je la stoppais. Pour une reprise, elle avait fait ce que je lui demandais. Je ne voulais pas aller au-delà pour l'instant. C'était trop tôt. La confiance était là. A moi de ne pas la trahir. Je la relâchais dans son champ, lui donnais quelques friandises bien sûr et hop! la voilà repartie au grand galop en donnant des "coups de cul" à droite et à gauche.


Un jour pourtant, je commis l'erreur qu'il ne fallait pas faire. S'énerver. Depuis quelques jours, elle travaillait en longe et une fois j'ai voulu la faire trotter. Visiblement, elle n'était pas d'accord (pourquoi je n'en savais rien). Est-ce qu'elle voulait me tester ou pas, après plusieurs injonctions, elle décida de s'arrêter et de me faire face en se plantant sur ses quatre jambes. J'essayais de la faire avancer mais rien n'y faisait. A un moment j'ai perdu patience et j'ai claqué la chambrière (chose à ne jamais faire bien sûr) et je l'ai touché. Ouh là là, j'ai tout de suite compris que j'avais fais une grossière erreur qui pouvait coûter très cher à notre confiance mutuelle. Elle s'est cabrée et s'est mise à reculer d'une bonne vingtaine de mètres et n'a plus voulu bouger durant quelques minutes. J'ai jeté ma chambrière et j'ai avancé vers la jument. Je la sentais tendue mais elle se laissa approcher et je pus la toucher avec mes mains. Il me fallut plusieurs minutes pour la calmer et elle consentit malgré tout à me suivre au pas quand je la pris par le licol. A nouveau, je lui parlais beaucoup et je la sentais petit à petit se détendre. Ensuite, et progressivement, je m'éloignai d'elle pour repiquer au centre et ainsi reformer le cercle au bout de la longe. Après trois ou quatre tours au pas tranquillement et sans problème, je décidai d'arrêter là pour aujourd'hui. J'avais faillis tout gâcher et me jurai bien que cela ne se reproduirait pas (Cela ne s'est, d'ailleurs, jamais reproduit).

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